47TER
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Biographie de 47ter

Etre authentique. L'obsession classique de tout rappeur qui se respecte. Mais l'authenticité, ce n'est pas forcément un CV de criminel patenté ou un CAP de bad boy. Prenez 47 Ter par exemple : impossible de faire plus vrai que ce trio composé de Pierre Paul, Miguel et Blaise.

D'où viennent donc ces artistes qui sortent leur premier EP ? « On a grandi dans la même ville, Bailly dans le 78, et on se connaît depuis le collège » explique Miguel. Les trois amis font de la musique depuis toujours, tâtant tous les styles avant de se trouver leur identité. « Du rock, du métal, tout ce qui est facile on l'a fait. On a rencontré une chanteuse et on a fait de la pop, on a rencontré Blaise qui est venu faire de la basse, et on s'est dit qu'on allait faire ce qu'on pouvait » explique Pierre Paul.

Septembre 2016 : la chanteuse quitte l'aventure. Le groupe, qui n'a toujours pas de nom défini, se retrouve en mode trio. Et écrit en langue anglaise. Petit problème résumé par Miguel : « L'accent français de Pierre Paul était incroyable. Du coup, on est passé au français avec "Sans Talent", où on se clashait nous-mêmes. Ça nous a aidé à assumer notre chant en français ».

Le trio a trouvé la bonne formule, pas de mimétisme gangstérisé, mais de l'autodérision alliée à un flow précis de Pierre Paul, lyriciste et rappeur du groupe, qui finit par trouver son nom après avoir trouvé son style : 47 Ter. Miguel : « C'est l'adresse de la salle des fêtes de Bailly. On traine toujours là-bas. Un jour où on cherchait un nom, j'ai vu la plaque et on s'est dit que ça sonnait bien ». Pierre Paul : « Et puis c'est parfaitement ça, les trois potes qui ne branlent rien à cet endroit-là. On ne se prend pas au sérieux, c'est nous ».

« Sans Talent » sera le grand tournant stylistique du groupe : décidé à abandonner leurs textes pop et fragiles des débuts, 47 Ter veut prouver que le concept est sérieux, et balance une série de freestyles hip-hop. La réaction ne tarde pas, et le million de vues sur leur page Facebook marque une grosse étape dans leur histoire. La détermination de Pierre Paul, Blaise et Miguel est totale. Rien ne les arrêtera plus, surtout pas les commentaires façon cour de récré qu'on trouve sur le net. Pierre Paul : « Vu que j'ai des lunettes, on s'est fait clasher genre "Harry Potter fait du rap", alors j'ai écrit une punch là-dessus, "Je voulais qu'on me prenne pour 2Pac, on me prend pour Harry Potter". Que des trucs comme ça. On ne cherche pas à être validés par tel ou tel, juste être 47 Ter ».

47 Ter prend son art au sérieux. Pierre Paul écrit les textes, le trio compose les musiques. « Petit Prince » est le second titre du groupe à être finalisé, dans des conditions artisanales mais avec un sens de la formule et de la mélodie qui transcende les problèmes techniques. Pierre Paul : « On avait deux ou trois morceaux enregistrés en schlague dans ma chambre sans carte son, on a fait les premiers rendez-vous avec ça. On voulait mettre un saxo et je chantais le sax pour montrer ce que ça allait donner ! »

Le groupe multiplie les visites à Paris pour faire le tour des labels. Après quelques rendez-vous avec d'improbables losers du showbiz, ils rencontrent leur tourneur, Auguri Productions, qui leur offre enfin le confort qui leur manquait. « Avant on enregistrait dans une cuisine avec trois amplis un peu dégueulasses et un micro... », raconte Pierre Paul. « ... Et on s'est retrouvé en partenariat avec La Clef à Saint-Germain, on a pu répéter dans un vrai studio », complète Blaise.

La machine 47 Ter est lancée, avec une première date symbolique (et sold out) au New Morning à Paris, prélude à une tournée et à un EP de 7 titres en guise de carte de visite. On y retrouve bien sûr le nostalgique « Plus Tard » sur la peur du futur et l'angoisse de ne pas avoir de souvenirs (« Notre classique ! ») ainsi que « Petit Prince », consacré à ces apprentis gangsters issus des beaux quartiers (« Ils viennent de chez nous, ils ont de l'oseille et quand ils sortent, ils sont en jogging casquette banane, ils boitent et ils rappent une vie de cité qui n'est pas la leur »).

Les nouveaux morceaux dévoilent de nouvelles facettes du groupe. « Le Before » tourne en dérision ces soirées qui s'annoncent grandioses et finissent mal en général, le freestyle « Bang », que 47 Ter a inauguré dans son passage chez Fianso pour l'émission Entre Dans Le Cercle, est un banger trap où les trois amis rappent et s'amusent (« AK 47 Ter ! »). « Journée De Perdue » évoque cet ennui qui ronge la jeunesse avec une intro acoustique et « Procès » distille le sens de l'humour toujours aussi corrosif de Pierre Paul, entre cynisme et émotion pure. Et puis il y a « Soleil Noir », le titre qui met tout le monde d'accord, validé par tous ceux qui ont écouté leur démo. Du rire aux larmes, de la nostalgie à l'espoir, avec un refrain chanté et une virtuosité de l'écriture qui permet d'affirmer que 47 Ter est conçu pour durer. Loin des clichés, avec une authenticité et un talent qui vont les amener loin, très loin de la salle des fêtes de Bailly.

Olivier Cachin

 

 


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